lundi, février 21, 2011

Métapolitique

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La jeunesse motrice du phénomène de résonance populaire qui a rappelé la possibilité d’une retraite anticipée pour un président arabe (Jamel Abdennasser a démissioné de toutes ses fonctions pour une demi journée) -chose que personne n’a anticipée- ne doit pas reculer; dans le sens de retourner à l’indifférence politique et l’irresponsabilité civile. Je ne peux pas ne pas remercier le mouvement antiSEPTique mené surtout par la caravane de la liberté et ceux qui ne s’étaient pas tus quand les autres se sont contentés d’un président déchu et ont accepté un (premier) gouvernement mascarade. Ces gens qu’on a beau essayer de polluer l’image sont les patriarches, les sages et les hommes libres de la Tunisie dite “de l’intérieur” et seuls garants des acquis de la révolution, ni Ammar ni بالزّور. 

Cependant, maintenant, il existe des compatriotes qui sont passés de l’insouciance à l’inconscience, de l’anesthésie à l’amnésie, de l’hibernation culturelle à l’immaturité intellectuelle, de la limitation mentale à l’imitation verbale, d’une raison tordue à une logique émotionnelle…nous avons vécu une éternité du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011 pour nous “téléporter” dans le temps jusqu’à 16 juin 2014. Les promoteurs publicitaires marchands de rêves, nous prennent pour des somnambules somniloques à l’heure où il faut rêver avec ce qu’on a. Les priorités se réorganisent à chaque rafraichissement des pages web et à chaque journal télévisé, je vois la défense de la prostitution prendre la place de la suspension de la constitution, “ los barbudos” devant la synagogue qui porte l’étoile de Théodore Herzl et un menuisier homosexuel dont la “pensée extrémiste” a été reconnue avant son identité font plus de bruit qu’un parlement d’opportunistes, je vois la banque centrale à Sidi Bousaïd faire le big buzz, “Ben Ali et sa femme sont demandés à la justice tunisienne” après une “hésitation ” ou plutôt un atermoiement…trois commissions devenues sacrées alors qu’“une volonté politique” pour dissoudre l’ex-RCD doit passer par des formalités dites légales et justes. Il y a toujours un décalage entre un gouvernement brouillon et une jeunesse vigilante assoiffé de concrétisation et de garanties. Les ministères eux mêmes sont asynchrones et les promesses et les pratiques ne sont pas en phase. Les deux ministres fraichement venus de l’opposition font leur show et un porte parole “lunaire” alors que la ligne directrice de leur “programme” est absente. Aujourd’hui à l’heure de transition temporaire on n’a pas besoin d’une continuité avec un ancien système ni de technocrates ni d’une nouvelle politique économique ou sociale, on a besoin d’urgence de réformes des lois qui concernent la vie politique, le journalisme et la justice et l’installation d’une “infrastructure” favorable à de vrais élections. Parfois je vois dans la chaine nationale officielle pas encore publique et dans des décisions et mesures dilatoires prises par le gouvernement ou encore dans l’existence même des trois commissions un camouflage, une diversion, une procrastination et une négligence.

Bref, l’histoire officiellement racontée évite de mentionner que le peuple fait tout le travail et les hommes d’influence : militaires, diplomatiques et surtout ceux qui ont le pouvoir de l’argent se présentant en tant qu’allié du peuple alors qu’ils tracent l’agenda des politiciens pour préserver leurs intérêts et ceux des puissances dans la région et les puissances mondiales. Les pauvres font le sale boulot et les hommes d’affaires font l’affaire.

L’espoir de la liberté nait des prophéties poétiques et dépasse les critiques élitistes, passe par les cris et tics d’un peuple qui verse son sang dans la caisse des sacrifices et offre des âmes aux cimetières des immortalisés. Cependant, les voies de la liberté ne se croisent pas toutes –forcément- dans la case démocratique statique, un peuple instruit, cultivé et actif ne se contente pas de l’enfermement de ses voix libres dans des boites. Ses individus font un effort d’imagination : they “Think outside the box !” . Il faut que les voix soient plus hautes que la boite hôte des votes qui vous ôtes une voix. La voix des Tunisiens doit être haute, résistante et résonante. Or le processus démocratique est un jeu aux mains d’une poigné de gens qualifiés d’académiques, penseurs ou experts. Désormais, “le libre arbitre populaire” est un mythe. En pratique, dans les démocraties les plus “poussées” les compagnes électorales sont sponsorisées et utilisent des techniques de persuasion et d’intimidation développés qui usent de l’influence de l’image et visent la subconscience même et ensuite les mécanismes représentatifs une fois mis en place deviennent des vendeurs aux enchères pour des lobbys.

Pour la Libye je n’ai que les pensées, la prière et les larmes cachées.

samedi, février 19, 2011

”يا الحكومة ربّي في الوجود”

8164سمعت بتشبيه للحكومة قالّك طاقم متاع سفينة رُبّانها(من الرُّبّ) الغنّوشي محمّد و قبطانها المبزّع فؤاد دورها إيصال السّفينة إلى برّ الأمان…على أنا سفينة يحكيو الله أعلم الحاسيلو قبل ما كانش عنّا لا سفينة و لا والو كان بن علي و جماعتو في غوّاصة و الشّعب يعوم و حوت ياكل حوت و الموجة الغدّارة و اللّي يعوم في الشّايح و اللّي يخاف ملغارق و اللّي غارق في الدّيون غارق و اللّي الحارق للطّليان حارق و اللّي سارق يخت سارق و اللّي يربّي في الحوت يربّي و الموش متربّي موش متربّي و الملّولّي جابها و جا و اللّي بلّ حوايجو و اللّي شاح يلبس و اللّي يصطاد ما يصطادش للربّي و التّوريست وفات فلوسو و أوسّو على روحو و القرنيط مهرجان و برّة و المرجان كمال و مازال مازال و الضّريع هات شعندك و القرصان لا تباركلو و حنّبعل2 في حومتهم و الشّكارة و البحر و ياببح و ياببح ولد البحر بح و اللّي يشرب يشرب بالشّفاء و اللّي بمايو و اللّي بلاش و الببّوش ماثمّاش و الحبار وفا و غلّة البحر السّماح  و عمّار عندو شاطئ مهيّئ و الحماية ضربة ضربة للحُرّيقة و البحورات السّبعة الأبيض و الأحمر و الأسود و الميّت و الموف و الفيولي و اللّي هوا تي الماء الكلّو ممسّخ

mardi, janvier 25, 2011

after party : anticonstitutionnellement

“Les gens parlent mal, les gens sont cons
Au moins tout aussi con que moi” Damien Saez – J’accuse

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Je vais m’aventurer sur les rives des déceptions et prendre le risque de ruminer.

Ne vive personne sauf le peuple !

Ce qu’a fait Rchid Ammar (et toute l’armée d’ailleurs) n’est pas une “faveur”, موش مزيّة, ce n’est pas parce que les autres (Soryati et cie.) ont trahi leur pays que lui, faisant son devoir de défendre “l’état et non pas le système” (comme a dit Azmi Bchara), qu’il doit être accueilli comme héros national et que “The ultimate captain Tunisia” soit le slogan ou la mascotte de son éventuelle future campagne électorale. Un vrai héros n’accepterai pas de faire fuir un dictateur. Il reste donc un homme raisonnable qui doit se limiter à son rôle de protéger la patrie, son peuple et sa révolution.

The Tunisian Party

La “révolte” tunisienne…ça vient de la rue, tout le reste c’est –plus ou moins- du néant. La course des rumeurs a déclenché dès le début, le signal d’alarme d’un nihilisme médiatique et virtuel. C’est vrai que le Web 2.0 (Les réseaux sociaux, les weblogs et les forums) était le principal sponsor des jeunes “révoltés” : il a facilité le libre échange de l’information et a permis la mobilisation des cordes vocales et la synchronisation relative des voix : une superposition des longueurs d’ondes mais ce sont les décibels et les mains en l’air et non pas les clics et les montages vidéos qui ont secoué la marmite et qui y ont fait tomber des têtes même. Cependant, après le 14, ces mêmes ondes ont divergé…La marmite bouillonne encore et risque de refroidir avant que tous les ingrédients soient présents pour préparer une belle recette “démocratique”. Certes, les différentes foules restantes font bouger les choses, mais ceci dans une direction verticale et dans les deux sens. N’essayez point de comprendre la masse, elle n’a nulle logique. Celui qui faisait son harmonie et son union a pris la fuite. Maintenant des tas de gens crient “Dégage” à tort et à travers…on crie -au nom de tout le peuple- “Le peuple veut faire tomber le gouvernement” alors qu’on ne représente personne sauf soi et que le nombre total de manifestants parfois ne dépasse pas la centaine. L’hymne national est devenu une berceuse, le tube de la révolte…c’est bien mais en même temps chaque chose à sa place et chaque chose en son temps. Aujourd’hui, chaque secteur veut faire la grève, chacun a quoi demander à un gouvernement de transition auquel il manque déjà 5 ministres. A une échelle individuelle, il faut penser avant d’agir car l’effet de groupe peut vous faire crier des slogans sur lesquels vous n’êtes pas d’accord.

Observations et interrogations :

  • Parler de citoyenneté en Tunisie à l’époque de Ben Ali est aberrent. On est peut être témoin de la naissance du citoyen tunisien!
  • Ben Ali n’est pas Louis XIV, l’état ce n’est pas lui. Il faut noter aussi que l’état et le système sont deux choses différentes.
  • Le mystère Arbi Nassra : haute trahison aujourd’hui, héros national demain ?!
  • La partie souterraine du ministères de l’intérieur est une des sales d’opérations des pions du système restera-elle un tabou. Au policiers qui se reconnaitront : Est-ce qu’on peut du jour au lendemain, se laver les mains du sang des innocents torturés voire tués ?! Ce qui s’est passé et se qui se passe en prison tunisienne ?
  • Elections dans 60 jours ou 6 mois ?
  • Il faut retirer sa carte d’électeur avant le 31 : info ou intox ?
  • Le déficit de communication et la médiocrité ou l’absence du discours officiel accentue le problème de confiance entre l’opinion publique et le gouvernement. Les deux nouveaux ministres “de l’opposition” restants ne font que passer à la télé pour prendre la parole et parler au nom du gouvernement : Où est le porte parole ou est-il vraiment muet ? où est le ministre de l’intérieur ou s’est-il auto-détruit politiquement après deux discours ratés ?
  • Si 6 ministres (ex RCD) sont en train de nous épargner du chaos et du vide constitutionnel alors là j’avoue que ça me fait très peur car demain quand ces personnes partiront il n’y aura apparemment personne pour les remplacer comme on veut nous faire croire maintenant. Je me demande bien par exemple pourquoi la seule chose qui s’est faite à une grande vitesse sur le plan officiel après le 15 ce sont les entretiens entre les quelques partis politiques, l’UGTT et le premier ministre et ensuite l’annonce éclaire de ce dernier de la liste des ministres alors que certains d’entre eux n’avaient su quel ministère on les a attribués qu’à cet instant là.
  • Ennahda, CPR, PCOT : quand vont-ils être reconnus par l’état ? Pourquoi ce retard ?

Mentalité à réviser :

L’évolution des mentalités est la vraie révolution.

Pendant plus de deux décennies et à travers le matraquage physique et psychique, le conditionnement pavlovien des mentalités tunisiennes a donné :

  • Une autocensure paranoïaque et une culture de la peur (10 millions de prisons mentales).
  • Une métamorphose de l’image du supérieur hiérarchique indirect (chef, patron, directeur, PDG, DGA, président) et les fidèles de l’RCD aux yeux des gens; d’une personne ordinaire à une “pseudo-divinité” intouchable qu’il faut amadouer, applaudir et lui faire la court (c-à-d “baisser son froc” et “lécher” تبندير, تقفيف, تصفيق, طحين).
  • Irrespect et “indifférence juridique” des deux côtés de la loi. La loi est devenue “hors elle même” voire hors d’atteinte, hors de portée, portée disparue. La devise connue : Transgresser et graisser.

(مادام شحّم دعه يمرّ)

  • Un corps administratif procrastinateur. Au niveau des services, la plus part du personnel ne sert à rien. Seuls les pistons et les pots de vins rendent serviable.

Vocabulaire dépassé –> vide lexical :

J’ai peur du vide lexical car je ne trouverai plus les mots justes pour décrire ce qui se passera demain et écrire m’aide à comprendre.

Avant : pseudo-mafia, népotisme, voyoucratie, ploutocratie, gérontocratie, médiocratie, autocratie, monocratie, corruption, dictature, totalitarisme, despotisme, état-flic, terrorisme d’état…

Après : nouveau, inconnu, révolte, technocrate, révolution, jasmin, liberté, laïcité, historique, jeunesse, sniper, milices, chaos, 56, 57, intérim, vacance…

Opposition où est tu ? :

Pour résumer la situation du paysage politique à l’époque de l’ancien régime sans zèle : Compression de l’opposition, suppression des espaces de dialogues concrets, pression sur les critiques neutres et oppression de la population. Ce qui explique peut-être pourquoi la prise de position de l’opposition de l’intérieur a resté longtemps débranchée. Mais le phénomène le plus étrange c’est bien la phagocytose de plusieurs partis politiques (exemple : MDS) par le système et je dis bien le système car pour moi le parti au pouvoir a été massacré par Ben Ali et sa troupe et c’étaient ses bras droits dans les coulisses du palais présidentiel qui tiraient les ficelles.

ISLAMISMOphobie :

Une Tunisie-Islamiste est un oxymore et le restera. L’islamismophobie en Tunisie me rappelle la polémique Caroline Fourest – Tariq Ramadan…Du coup je me pose la question suivante : que pensent ces même personnes qui s’acharnent sur Rached Ghanouchi, de Rajab Tayeb Erdogan ou de Abdulla Gül : les leaders du parti islamiste en Turquie (la Justice et le Développement) ? Ou est-ce que la gueule et surtout la barbe de Ghannouchi les gênent ?! Je peux les rassurer, il ne peut pas y avoir une participation du mouvement Ennahda dans le futur politique proche. Leurs préjugés les aveuglent et les empêchent de se documenter sur le parcours et les idées de cette personne dont plusieurs ont été adoptées par La Justice et le Développement et d’autres ont été critiquées par Les Frères Musulmans. Ghanouchi a d’ailleurs précisé qu'il n’est pas question de faire marche arrière en Tunisie en matière d’émancipation de la femme et que le code du statut personnel est un acquis incontestable.

La guerre des plateaux de télés :

Dans la foule médiatique, j’ai pu distinguer des visages familiers (tourneurs de vestes et anciens militants), des voix de raison méconnues et des nouveau venus inconnus ou plutôt les nouveaux super hérauts de la liberté. Les personnes crédibles reconnues pour leur honnêteté intellectuelle peuvent être classées en trois catégories selon la nature de leur langage : Les francophones, les arabophones, les bilingues et ceux qui préfèrent parler “le langage commun du peuple”. Comme on est plus ou moins des néophytes en politique il faut choisir qui laisser vous “influencer” car une personne charismatique éloquente avec un minimum de connaissances peut vous faire avaler n’importe quoi.

vendredi, décembre 31, 2010

L’allégorie de la Taverne d’Ali ZABA et la révolution des pyromanes (inachevé)

“The plan was to drink until the pain over

But what’s worse, the pain or the hangover?” kanYe wEst – Dark Fantasy

pink-floyd

Imagine des hommes habitués à une taverne pas n’importe laquelle mais une, bien précise, celle d’Ali ZABA. Ces mêmes hommes sont assis le dos tourné à la lumière pénétrante par la petite ouverture d’aération dans les toilettes. Ils sont pieds et poings liés, comme s’ils formaient un réseau social, de sorte qu'ils sont condamnés à ne voir, devant eux, qu’Ali ZABA le tavernier, ses barmen adroits et la télévision qui ne reçoit que les fréquences terrestres locales. Et dernièrement, on vient de relier la taverne à une installation de fibres obliques pour une connexion au débit, sans-alcool. Dans le dos de ses “habitants de la taverne”, se dresse une porte fenêtre au vitre fumé derrière laquelle se passe deux mille quatorze choses. Mais eux, ils ne voient que le reflet (des deux mille quatorze et autres, choses) dans le téléviseur qui, allumé comme éteint, n’est pas transparent…et n’écoutent que l’écho de ce qui se passe derrière eux ramené par le barman Ali ZABA, lui même, dans ses discours dans lesquels il change toujours de sujet en racontant les aventures de sa femme. En fait c’est une technique pour détourner l’attention de ses clients et faciliter l’accès à leur poches et comme ils sont saoulés quiconque peut leur faire du “mind-fuck”. Sinon, à part les amuse-gueules et les apéritifs, les habitués à cette taverne avalent trop de salades et du coup ils font beaucoup de pets mais l’inconvénient majeur c’est que cinq fois par jours leurs oreilles deviennent pollués par l’interférence de plusieurs sons qui leur sont incompréhensibles voire étrangers car ce sont des paroles, non pas en français, mais en une langue oubliée dans leur pays…alors qu’eux ils préfèrent les sonneries de téléphone et le langage sms.
   Ces derniers jours, les hommes se sont mis à marcher dans les rues, et dans la ruelle devant la taverne d’Ali ZABA et parce que les zones d’ombre ne voient pas encore et toujours le jour; des jeunes enflammés voient leurs corps en combustion spontanée instantanée, suicide involontaire des -pyromanes malgré eux-…ainsi grâce à la lumière du feu ces figures populaires se transposent sur le mur au fond de la taverne et se manifestent comme des ombres vacillantes au milieu des bouteilles qui dégagent de la sagesse. La seule chose que les hommes de taverne puissent voir est par conséquent ce « théâtre d'ombres », théâtre superficiel et ombres isolées…